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Référence

Virginie Grandhomme, « Discipline(s) du dsordre. La pratique du graffiti au prisme de lengagement », Influxus, [En ligne], mis en ligne le 2 septembre 2016. URL : http://www.influxus.eu/article1053.html - Consulté le 17 décembre 2018.

Discipline(s) du dsordre. La pratique du graffiti au prisme de lengagement

par Virginie Grandhomme

Résumé

Lapparition des graffitis symbolise le dsordre. Toujours hyper styliss, ils sont vcus comme une forme de surgissement d'autrui dans son quotidien, d'autant plus illgitime, que les graffitis sont illisibles et, ce faisant, inquitants. Ces marques ne sont pourtant que la partie merge de l'iceberg et, si bousculer les choses fait bien partie de l'intention des graffeurs, c'est en ralit plus souvent eux-mmes et leur propre rapport au monde qu'ils cherchent dplacer plutt que celui des passants. Pratiquer le graffiti, c'est crer du dsordre d'abord pour soi. C'est trouver les moyens de suspendre, au moins pour un temps, les effets des mcanismes de triage et de mise en srie qu'implique l'inscription dans les tudes, la vie professionnelle et familiale. Plus connu sous le nom de reproduction sociale, la force de ce mcanisme est telle qu'il faut en passer par une mobilisation quasi totale, par l'acquisition d'une vritable discipline -ici la pratique du graffiti- pour esprer en djouer au moins temporairement les effets. Cet article veut montrer la discipline laquelle s'astreignent volontairement les graffeurs pour crer une forme de dsordre qu'ils estiment ncessaire et salutaire dabord pour eux-mmes.

Abstract

Graffiti symbolizes disorder. Always hyper stylized, graffiti paintings are perceived as a disturbance by most of people, even more illegitimate that they cant be read and become threatening. These tags are nevertheless only the tip of the iceberg: in reality, graffiti artists is more often seek to shake up their own relationship to the world which than the passers-bys. Graffiti is first of all a self-disruptive project. It aims at finding the ways to delay, even temporarily, the mechanisms of social selection and standardization associated with student, professional and family roles. This article offers to describe the self-discipline graffiti artists voluntarily endure to create forms of disorder they consider necessary and advantageous at first for themselves.